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J'aime les janotismes !

«  J'ai apporté des cadeaux pour les enfants qui sont dans ma valise. »

« Donne son médicament à ta grand-mère qui est dans le placard de la cuisine. »

 

« C’est le chien de ma belle-mère qu’on va devoir faire piquer. »

 

« Voici le chat de ma voisine qui chaque jour grimpe aux arbres ! »

 

« Il a offert une rose à sa femme qui était fanée. »

 

« Elle a servi des brioches à ses copines qu’elle avait découpées en tranches. »

 

  Pas à la bonne place = cocasse !

 

Ces phrases qui ont les pieds à la place des mains sont des janotismes.

Toutes les informations, toutes les composantes y sont - sujet, verbe, compléments, propositions - mais pas toujours à la bonne place…

 

La construction avec une proposition subordonnée relative introduite par « que » ou « qui » est souvent à l’origine de l’embrouille. Selon où se situe celle-ci dans la phrase, le pronom relatif que ou qui est perçu comme remplaçant un antécédent qui n'est pas toujours le bon mot.

 

L'antécédent d'intention arrive en début de phrase (des brioches dans le dernier exemple), mais la proximité immédiate avec un autre nom (ses copines ici) pousse à associer le pronom relatif (qu' ) à ce dernier.

 

Ainsi, elle avait découpé ses copines en tranches...

 

Pour reformuler une de ces phrases équivoques, le correcteur ne peut pas toujours se contenter de déplacer la proposition subordonnée relative. Désosser sa construction dans la globalité peut s'avérer nécessaire.

 

Phrase initiale :

Voici le chat de ma voisine qui grimpe chaque jour aux arbres. 😅

 

Essai reformulation 1. en déplaçant la subordonnée directement après « chat » (puisque c'est lui qui grimpe) :

Voici le chat qui grimpe chaque jour aux arbres de ma voisine.

Problème : 😤 le sens de la phrase est modifié. Le chat n'est plus celui de ma voisine, ce sont les arbres qui lui appartiennent ! 

 

Essai reformulation 2. en ne gardant que les idées : 

Ma voisine a un chat qui grimpe chaque jour aux arbres.

Le chat n'est plus le sujet de la proposition principale, tout est arrangé ! 😜

 

Moralité : quand vous percevez une phrase qui débloque, n'hésitez pas à lui faire la peau, à repartir de zéro pour la modifier. La scinder en deux phrases peut parfois être salutaire.

 

 

 ✨ Journalisme et janotisme ? 

 

Source d’une interprétation loufoque, ces tournures maladroites se dégustent également dans nos médias nationaux et locaux.

Inattention passagère du correcteur ? Quelques exemples, histoire de dégourdir nos zygomatiques !

 

« Juliette Méadel, ex-secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes de François Hollande. »

Encore lui !

 

« Mao Péninou, l’adjointe en charge de la propreté d’Anne Hidalgo. »

Serait-elle manchote ?

 

« Johnny sera enterré à Saint Barth avec toute sa famille. »

Pauvre Laëticia…

Cette tournure est autant dommageable que puissamment interprétable en image. À sa lecture, je visualise sur le champ une fosse commune de 10 x 10 m !

 

« Nombreuses dégradations à Menton à la suite de l’évacuation d’une salle municipale après six jours d’occupation par les forces de l’ordre. »

Appelez la police !

 

« L’individu a été arrêté au volant de sa voiture par des gendarmes en état d’ébriété. »

Moi je sais qui avait bu : rédacteur ET correcteur en cellule de dégrisement !

 

 

Et toi, GL*, aimes-tu les janotismes ? 

 

 

 

Pour la petite histoire :

Je vais sûrement vous décevoir, mais le terme n'a rien à voir avec Jeannot lapin... Le mot janotisme vient d’une comédie de Louis-François Archambault (XVIIIe) dont le personnage Janot est spécialiste des phrases équivoques.

 

Rendons à César :

Plusieurs des phrases-exemples citées dans cette publication sont issues du site de Jean-Pierre Colignon, ex-chef du service correction du journal Le Monde.

 

 

#janostisme #rionsunpeu #relecture #correction #tournuremaladroite #reformulation

 

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